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TABLETTE DU CARMEL


Cette Tablette, dont le nom original en arabe est "Lawh-i-Karmil", fut révélée par Bahá’u’lláh au cours de l’été 1891, alors qu’il campait sur le Mont Carmel : c’est un dialogue entre Dieu et le Mont Carmel à travers sa plume. ( Tablettes de Bahà'u'llàh, pp. 3-5 )

« Toute gloire soit à ce jour, jour où les fragances de la miséricorde ont été répandues sur toutes choses créées, jour tant béni que les âges et les siècles passés ne pourront jamais espérer égaler, jour où la face de l’Ancien des jours s’est tournée vers son siège sacré. Alors, on entendit les voix de toutes les créatures et, au-delà, celles du concours céleste proclamer : Hâte-toi, ô Carmel, car voici que la lumière de la face de Dieu, le Souverain du royaume des noms et le Façonneur des cieux, s’est levé sur toi.

Saisi de transports de joie et élevant haut la voix, il s’exclama : Puisse ma vie t’être offerte en sacrifice puisque tu as fixé ton regard sur moi, tu m’as comblé de ta bonté et tu as dirigé tes pas vers moi. Ma séparation d’avec toi, ô toi, Source de vie éternelle, m’a presque consumé, et mon éloignement de ta présence a réduit mon âme en cendres. Loué sois-tu pour m’avoir permis d’entendre ton appel, pour m’avoir honoré de tes pas et pour avoir ranimé mon âme par la fragance vivifiante de ton jour et la voix stridente de ta Plume, voix que tu décrétas être le vibrant appel de ta trompette parmi ton peuple. Et lorsque sonna l’heure qui devait rendre ton irrésistible foi manifeste, tu insufflas à ta Plume un souffle de ton Esprit, et ainsi la création toute entière fut ébranlée jusque dans ses fondements mêmes, dévoilant à l’humanité des mystères recelés dans les trésors de celui qui possède toutes les choses créées.

Aussitôt que sa voix eut atteint le lieu le plus exalté, nous répondîmes : Rends grâce à ton Seigneur, ô Carmel. Le feu de ta séparation d’avec moi te consumait rapidement lorsque l’océan de ma présence surgit devant ton visage, encourageant tes yeux et ceux de toute la création, remplissant d’allégresse toutes choses visibles et invisibles. Réjouis-toi, car Dieu en ce jour a établi son trône sur toi, a fait de toi l’aurore de ses signes et la source des témoignages de sa révélation. Heureux celui qui gravite autour de toi, qui proclame la révélation de ta gloire et relate combien la bonté du Seigneur ton Dieu t’a comblé. Saisis le calice de l’immortalité au nom de ton Seigneur, le Très-Glorieux, et rends-Lui grâce, parce qu’Il a, en gage de sa miséricorde à ton égard, transformé ta peine en allégresse, ton chagrin en joie sereine. En vérité, Il chérit ce lieu qui est devenu le siège de son trône, que ses pas ont marqué, qui a été honoré par sa présence, d’où Il éleva son appel et sur lequel Il répandit ses larmes.

Appelle Sion, ô Carmel, et annonce la joyeuse nouvelle : Celui qui était caché aux yeux des mortels est venu ! Sa souveraineté conquérante est manifeste ; son universelle splendeur est révélée. Prends garde d’hésiter ou de t’arrêter. Hâte-toi et fais le tour de la cité de Dieu qui est descendue du ciel, la céleste Kaaba, qu’ont entourée en adoration les élus de Dieu, les cœurs purs et l’assemblée des anges les plus exaltés. Oh, combien j’ai hâte d’annoncer en chaque lieu de la terre et d’apporter à chacune de ses villes la bonne nouvelle de sa révélation – révélation qui a attiré le cœur du Sinaï et au nom de laquelle le Buisson ardent proclame : « C’est à Dieu, le Seigneur des seigneurs, qu’appartiennent les royaumes des cieux et de la terre. » En vérité, voici le jour où la terre et la mer se réjouissent de cette annonce, le jour pour lequel ont été accumulées ces choses que Dieu, dans sa bonté inconcevable à l’esprit ou au cœur du mortel, a réservé pour être révélées. Bientôt Dieu conduira son arche vers toi et rendra manifeste le peuple de Bahá, mentionné dans le Livre des Noms.

Sanctifié soit le Seigneur de toute l’humanité ; tous les atomes de la terre ont été façonnés pour vibrer à la mention de son nom, et la Langue de grandeur s’est animée pour révéler ce qui avait été enfoui dans sa connaissance et dissimulé dans le trésor de sa puissance. Par la force de son nom, le Tout-Puissant, le Très-Haut, Il est, en vérité, le Souverain de tout ce qui existe dans les cieux et sur la terre ».

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