Introduction - Le Shi'isme Le Babisme Baha'is et Azalis L'expansion de la foi Baha'ie
La Foi Baha'ie L'action des Baha'is Situation en Iran Bibliographie
Ce texte a été réalisé par Stéphane Boyer et Christophe Denizeau après un travail auprès de la communauté baha'ie de Nice et Paris au cours de l'année 1998. Nos sources sont les brochures éditées par les Baha'is de France, les propos receuillis auprès de certains membres ainsi que des auteurs extérieurs. Envoyez-nous vos commentaires.
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Les Baha'is


Dernière-née des religions révélées, la Foi Baha'ie, comme l'appellent ses adeptes, est après un siècle et demi d'existence la religion à la plus vaste répartition géographique, après le Christianisme, et à la progression la plus importante. Partie de Perse, elle est aujourd'hui représentée dans plus de 200 pays et territoires pour un total de 6 millions de fidèles. Véritable phénomène religieux, cette nouvelle religion puise ses racines au cœur de cette Perse, éternel carrefour culturel, et dans cette longue tradition monothéiste, partie intégrante de notre civilisation.

Doucement, dans les bras d'Aïcha, son épouse, Mahomet1 s'éteint en cette fin de matinée du 8 juin 632. Installée depuis 622 à Médine, la communauté musulmane (umma) était jusqu'alors dirigée par son prophète et guide ; celui-ci mort, sans dispositions explicites concernant sa succession, elle se retrouve orpheline. Rapidement, les proches du Prophète se réunissent et, après quelques tergiversations, le pouvoir khalifal échoit à Abou Bakr, le père d'Aïcha. Les tensions internes annoncent déjà les querelles de succession que l'Islam naissant devra affronter.

Bien que les 25 premières années suivant la mort de Mahomet soient fastes pour l'umma qui voit son influence grandir, la tension est à son comble lorsqu'en 656, Ali, gendre et neveu du prophète, prend la tête du khalifat. Partagée entre les partisans d'Ali, appelés Alides, et ceux, les Sunnites, soutenus par Aïcha, la communauté des croyants est au bord de la guerre civile. Dès 657, les partisans d'Aïcha attaquent les Alides, qui, devant la défaite de leur camps se divisent entre les fidèles à Ali et les Kharidjites2 qui lui reprochent son attitude. Autant politiques que religieuses, les dissensions entre Kharidjites, Alides et Sunnites aboutiront à l'assassinat d'Ali en 661 par un de ses anciens partisans et le massacre de son fils, Husayn, par des Sunnites en 6803.

Dès lors la fracture devient définitive, chaque partie développant sa propre vision des règles de succession. Alors que les Kharidjites n'acceptent comme critère que la valeur morale du prétendant, les Sunnites y opposent la tradition (sunna) et les Alides la légitimité des descendant d'Ali. Marginalisés, face aux Sunnites majoritaires, les deux autres courants des premiers temps de l'Islam s'affirmeront bientôt en tant que groupes politico-religieux distincts.

Le Shi'isme


Haut de page Notes

1) Mahomet est la transcription francisée de Mohammad, Prophète de l'Islam. Dans le texte, la translittération adoptée pour l’ensemble des noms propres est simplifiée.
2) De l'Arabe khârijiya qui signifie "sortant" ou "révolté". Ils contestent la position d'Ali qui accepte de se soumettre à un arbitrage humain et ce en contradiction avec un verset du Coran (Les Appartements, XLIX, 9).
3) Considéré comme le premier martyr du Shi'isme, sa mort à Kerbala est encore commémoré de nos jours lors de la fête de l'âshûrâ qui donne lieu à des scènes spectaculaires où les fidèles s'affligent de nombreux sévices.

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