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LE  BÁB
Jeunesse / Proclamation / Actes / Persécution / Symbole


SA  JEUNESSE  Δ


Mírzá ‘Alí-Muhammad naquit à Chiraz ( Shíráz ), dans le sud de la Perse, le 20 octobre 1819 soit le 1er Muharram 1235 après l'Hégire. Il était Siyyid, c’est à dire descendant du prophète Muhammad, ceci étant l’une des conditions requises par la tradition islamique pour Al-Mihdí. (115). Ce fils de commerçant ne reçut qu’une instruction élémentaire, mais Il était pourtant renommé pour Son savoir hors du commun, ainsi que pour Ses qualités extraordinaires de piété, de sagesse, d’honnêteté et d’intelligence. (116)

SA  PROCLAMATION  Δ


La Perse du XIX° siècle agonisait dans les ténèbres de l’ignorance, du fanatisme et de la corruption, quand, dans la nuit du 22 au 23 mai 1844, une lumière éblouissante dissipa cette obscurité spirituelle, un tremblement de terre éventra les sépulcres des dogmes poussiéreux et la Parole de Dieu ramena les morts à la vie. Cette nuit-là, 2 heures et 11 minutes après le coucher du soleil marquant le début du 5ème jour de Jamádíyu’l-Avval 1260 Ap.H, Mírzá ‘Alí Muhammad  déclara publiquement à Shíráz qu’Il était le "Promis de l’islam" (Mihdí ou Qá’im) (117) et prit le surnom "Al-Báb", ce qui signifie en arabe "la Porte" [ à travers de laquelle on atteindra la vérité  ] (118).

Selon certaines traditions islamiques, l’année "60" est celle de la manifestation du "Promis" (119). Et il est écrit dans le Coran (Qur’án) que la promesse s’accomplira après un jour qui vaut 1000 ans (120). Or, cette "inspiration" islamique cessa lors de la "disparition" (Ghaybat), en 260 Ap.H., du 12ème Imam descendant du Prophète; mille ans plus tard (1260 Ap.H.) apparut le Báb. (121)

La tradition islamique enseigne également que le Promis et le "Jour du Jugement" arriveront "lorsque le fer parlera". Or le 24 mai 1844 fut la date du premier télégramme officiel envoyé par Samuel Morse, et ce moyen de communication – qui consiste à envoyer des messages par le contact de deux parties métalliques – était surnommé par les amérindiens le "fil qui chante" (122).

SES  ACTES  Δ


Il se rendit à la Mecque pour le pèlerinage en décembre 1844 (Dhi’l-Hijjih 1260 Ap.H ), puis alla à Médine. Le Báb commenta la sourate de Joseph (12ème chapitre du Qur’án) dans son livre Qayyúmu’l-Asmá’ et fonda une nouvelle religion indépendante appelée le Babisme ou la Foi bábíe, dont le livre saint est le Bayán  (123).

Le Báb prit le titre saint de "Premier Point" (Nuqtiy-i-Úlá) (124), et nomma ses 18 premiers disciples les "Lettres du Vivant" (Hurúf-i-Hayy) avant de les envoyer répandre Son message. Il y eut donc bien 19 "anges-gardiens" comme il est écrit dans le Coran (125). Le nombre 19 peut être considéré comme le mot de passe attestant que le Báb est bien Al-Mihdí annoncé et attendu par l’islam : Le Qur’án est bâti autour du nombre 19, que l’on retrouve fréquemment dans les écrits du Báb, ainsi que dans le nouveau calendrier qu’Il institua. (126)

Le Báb annonça la venue très prochaine d’un autre envoyé divin – qui n’est autre que le Promis universel attendu par toutes les religions – et Il donna deux dates pour en indiquer l’époque (127) : on sera en Sa présence dans la 9éme année de la mission du Báb ( donc en 1269 Ap.H. ou 1852-1853 ), et les lois du Báb seront valides durant 19 ans ( soit jusqu’en 1863 ).

SA  PERSÉCUTION  ET  SON  MARTYRE  Δ


Le babisme se répandit comme une traînée de poudre à travers la Perse, mais les disciples du Báb (appelés bábís) subirent d’effroyables persécutions de la part du clergé chiite (Shí’ih) et du gouvernement persan, persécutions rapportées par des militaires et des diplomates occidentaux horrifiés, dont le comte de Gobineau. Les détails des tortures et des exécutions publiques des bábís sont donnés dans la chronique de Nabíl (128) ;  ils sont également relatés par Ernest Renan dans "Les Apôtres".

Après avoir été emprisonné dans deux forteresses au nord de la Perse, d'abord à Máh-kú en 1847-48 puis à Chihríq en 1848-50, le Báb fut martyrisé le 9 juillet 1850 (28 Sha’bán 1266 Ap.H.), vers midi, dans la cour de la caserne de Tabriz (Tabríz), en Azerbaïdjan persan (Ádhirbáyján ) (129).  Il mourut ainsi dans la septième année de Sa mission, comme il est mentionné dans la tradition islamique à propos de Al-Mihdí (130).

SA SIGNIFICATION SYMBOLIQUE. Δ


Bien que le Báb ne vécut que peu de temps et que la diffusion de Son message fut presque entièrement limitée aux persans, Sa venue eut une portée universelle. En effet, son avènement réalisa les prophéties d’autres religions.

A ) DU  POINT  DE  VUE  BIBLIQUE  :

Le Báb est le héraut, le retour d’Élie et de saint Jean-Baptiste, qui doit précéder la venue du Messie. En apparence, le feu allumé par le Báb dans le cœur des hommes n’avait produit que des cendres, mais sur cette terre calcinée, il sema l’espoir de la venue imminente du "Promis de tous les Âges". Comme Saint Jean-Baptiste, le Báb annonça la venue de la Lumière de Dieu sur terre, et comme lui, il traça les mots de cette bonne nouvelle avec son sang  (131).

Il est l’enfant mâle mentionné dans l’Apocalypse qui dirigera toutes les nations avec un sceptre de fer (132)

Il est le premier des deux témoins ressuscités de l’Apocalypse (133).

Il est le "second malheur" (Oïe) que crie l’aigle de l’Apocalypse (134), car le "Jour de Dieu" est le jour du malheur, celui du jugement pour les hommes (135). Ce jour est celui durant lequel la parole divine est annoncée aux hommes par un messager, pour mettre leur foi à l’épreuve et les juger : ainsi après Jésus-Christ, survinrent Muhammad (le premier "Jour du malheur") (136), le Báb ( le second "Jour du malheur") et Bahá’u’lláh (le troisième "Jour du malheur" qui doit survenir peu de temps après le second) (137).

B ) DU  POINT  DE  VUE  ISLAMIQUE  :

Le Báb est le douzième imam ou Al-Mihdí. Après la mort du prophète Muhammad, se succédèrent Ses 12 descendants en ligne directe (Imám) qui guidèrent la communauté islamique chiite jusqu’en 260 Ap.H., date à laquelle se "cacha" et disparut le douzième et dernier imam. Selon la tradition islamique shiite, ce douzième imam se dévoilera et se manifestera au "Dernier Jour" (138). Le Báb représente symboliquement le premier "tremblement de terre" et le premier "son de trompette" du Jour Dernier" (139).

Muhammad est appelé le "Sceau des prophètes" (Khatam-al-Nabíyín), ce que certains interprètent comme voulant dire le dernier des prophètes à se présenter aux hommes avant la "Jour du Jugement" (Yawm'ul Din) (140). Mais, en réalité, le mot arabe utilisé pour prophète est Nabí (c’est-à-dire l’avertisseur ou prophète mineur) et non pas Rasúl (c’est-à-dire le messager porteur de livre saint). Ainsi, s’il n’y aura plus d’autres Nabí, il y aura certainement d’autres Rasúl (messagers). Muhammad authentifie les prophètes du passé mais n’est pas le dernier envoyé de Dieu : c’est ainsi que l’islam annonce et attend le retour glorieux de Jésus (‘Ísá), qui annonce la "Jour du Jugement". (141)

Vous pouvez lire (en cliquant ICI ) un article expliquant plus en détail pourquoi les baha'is considèrent le Báb comme le Mihdí ou le Qá'im

C ) POUR  LES ZOROASTRIENS :  Le Báb est Úshídar-Máh (142).

D ) CHARNIÈRE  ENTRE  DEUX  CYCLES  DIVINS :

Le Báb est à la jonction de deux cycles spirituels : le "cycle prophétique" commençant par Adam et se terminant à Muhammad (143),  et le "cycle de l’accomplissement" inauguré par le Báb, en tant que précurseur de Bahá’u’lláh, et se poursuivant avec les futurs envoyés divins, dont le prochain, d’après Bahá’u’lláh, ne viendra pas avant au moins 1000 ans (144)

Bahá’u’lláh affirme que le Báb n’est rien d’autre que Sa précédente manifestation, et que la courte durée de la révélation du Báb est pour les hommes un mystère insondable voulu par Dieu (145). Il affirme aussi que les différents éducateurs divins "manifestent" les attributs d’un même Dieu et qu’ainsi chacun doit être considéré comme le "retour" spirituel du précédent (146). Ainsi se résout l’apparente contradiction entre les parole de Jésus et celles de saint Jean-Baptiste à propos de l’identité de ce dernier (147) : Saint Jean-Baptiste affirme qu’il n’est PHYSIQUEMENT ni le Christ, ni Elie, ni le prophète attendu, mais "La voix de celui qui crie dans le désert" (148), alors que Jésus affirme qu’il est bien l’Elie qui doit venir avant le Messie car Jean-Baptiste MANIFESTE l’esprit , la puissance et les qualités d’Elie (149).

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